Fuites d’uranium dans l’eau du robinet : sans les eaux en bouteilles, rien n’est possible

La catastrophe de Fukushima a montré le rôle essentiel des eaux en bouteilles. Sans elles, la vie s’arrête. Un risque de pollution à la radioactivité dans l’eau est toujours possible en France, comme au Tricastin en 2008.

La catastrophe de Fukushima aura démontré les limites et la dangerosité du nucléaire face aux éléments déchaînés, mais aussi les limites des réseaux d’eaux potables. Les Japonais, mais aussi la communauté internationale ont pris conscience de la vulnérabilité de la ressource en eau potable, si tôt que celle-ci était anéantie par une pollution radioactive. Les populations se sont donc retrouvées dans une situation non seulement catastrophique du point de vue humain et psychologique, mais ce qui constituait depuis toujours leur premier besoin élémentaire : l’eau se trouve contaminée pour des années et des années. L’OMS fixe les normes en uranium dans l’eau à 15 microngrammes/l. Un arrêté du 12 mai 2004 fixe les modalités de contrôle de la qualité radiologique des eaux destinées à la consommation humaine. Pas question de normes. Pour résumer : une dose totale indicative (DTI) a été calculée sur la base d’une consommation d’eau de 730 l par an pour un adulte. Il ne faut pas que l’activité en Tritium dépasse les 100 BqL-1 ni qu’elle soit supérieure à 0,1 millisievert. Lorsque ces doses sont dépassées, des recherches sont alors faites sur différents radionucléides, comme radium 226, polonium 210 ou encore le césium 134 ou l’iode 131, l’uranium 234 ou 238. Pourtant, le risque de fuite nucléaire dans le réseau d’eau potable français est possible. Et nul besoin d’un séisme, une simple défaillance du système de refroidissement ou une obstruction des prises d’eau par les végétaux, ou encore un débordement de cuve de traitement des déchets, et l’accident est possible. C’est ce qui est arrivé en 2008 au Tricastin (Vaucluse). 74 kg d’uranium se sont déversés dans le sol et le réseau hydrologique. Les analyses effectuées près du site après l’incident ont révélé une teneur de 70 microgrammes/litre ! Contrairement à la pollution chimique, qui est dispersible, absorbable à plus ou moins court terme par le milieu naturel, et laissant un espoir de régénération, l’uranium pollue pour des années et des années, et laisse peu d’espoir de retrouver une ressource propre et consommable. Pour les consommateurs qui ne veulent prendre aucun risque, et qui se trouvent victimes de ces pollutions majeures et irréversibles, l’eau en bouteille reste la seule et unique solution pour survivre dans ce milieu hostile, et les Japonais se sont rués sur les stocks existants. Il serait suicidaire de procéder autrement. Il n’y a pas lieu de se réjouir, mais de voir l’industrie des eaux en bouteilles comme une industrie dont on ne saurait se passer dans un monde de plus à la merci des aléas climatiques, où l’homme ne saurait se priver de sources variées d’approvisionnement. Tout récemment, une clinique de Ris-Orangis dans l’Essonne a pu continuer son activité grâce à l’eau en bouteille. Suite à une rupture de canalisation, l’alimentation en eau potable n’était plus possible, et la stérilisation des instruments de chirurgie s’est faite avec de l’eau en bouteille. Stocker l'eau en bouteilles, une nécessité en cas d'inondations, de ruptures des canalisations, et à chaque fois que le réseau d'eau potable est rendu inutilisable ou contaminé par une pollution (chimique, radioactive).